A vous je peux le dire
Elsa WALTER
Flammarion, 2022, 345 p, 18 €

Elsa Walter est une jeune femme bénévole dans un hôpital parisien.
Chaque mardi après son travail, elle rend auprès de grands malades aux heures où monte souvent la tristesse ou l’angoisse.
Il y a ceux qui l’accueillent pour la première fois, ceux qui l’attendent, ceux qui passent leur tour, ceux qui refusent la visite, et ceux qu’elle ne reverra plus.

 

Le dimanche, elle met en forme ses notes de visiteuse. En 2022, elle les fait éditer sous la forme d’un journal d’une année de rencontres et d’échanges avec des malades et leurs familles. Les profils variés -âge, profession, relation- sont variés et les rapports à la mort opposés – déni ou acceptation, agressivité ou sérénité, secret ou transparence.

Le fait d’être une inconnue à l’écoute, qui plus est une personne insérée dans la vie civile, permet au malade :

  • d’avoir à leur chevet une présence attentive autre que médicale ou familiale
  • de se confier sans réserve (d’où le titre du livre ! )
  • de retrouver son identité d’avant la maladie
  • de continuer à grandir jusqu’au bout : « réfléchir aux sujets qui les habitent, plonger en eux-mêmes, apprendre encore à se connaître »

En retour, ces inconnus que l’on voit peu, font au bénévole don de leur présence et de leur confiance. Ils sont autant de miroirs de nos vies : « En écoutant leurs peurs, on apprivoise les siennes. En n’arrivant pas parfois à apaiser leurs souffrances, on doit accepter notre impuissance »

Ce témoignage fluide, enlevé et profond, fera écho chez les bénévoles   expérimenté.e.s et éclairera ceux et celles qui débutent dans cette accompagnement qu’il faudrait encourager et développer.

On pourra le compléter par un bel interview de 30 minutes de l’auteure à l’occasion de la journée internationale du bénévolat (automne 2022)