La tournée
Maxime ROSSI
L’Iconoclaste, 2025, 179 p, 19,50 €

Sa journée de travail commence à 5 h et se termine à point d’heures. Il sillonne la montagne ardéchoise, belle et austère, avec son auto-radio allumé et sa trousse. Il est infirmier à domicile.

Sa patientèle est composée presque exclusivement d’invisibles : des vieux, malades et isolés dans des hameaux ; des pensionnaires handicapés. Il est très attendu. Il administre des soins (prise de sang, préparation de pilulier, toilette, injection), assure des petits dépannages (maison, courrier, démarche), reçoit les confidences, boit le café. Les liens se tissent ou se retissent avec des anciens clients de sa vie d’avant (libraire) comme avec son propre père, souffrant et diminué, qui réclame de son fils une aide à mourir.

Ce récit a un double intérêt : social et médical. Il nous plonge au cœur d’une France rurale en train de disparaitre. Il nous rappelle la dimension humaine et émotionnelle du soin autant pour le soigné que le soignant dont la charge affective est lourde. En effet, à contre-courant du système de santé actuel, cet infirmier libéral a choisi de privilégier la relation à la stricte rentabilité. Il magnifie l’humanité de la médecine où « le tête-à-tête avec patient, c’est d’abord une rencontre avec l’autre. »