Fin de vie, le cas de conscience
Alexis BURNOD
Ed de l’Observatoire, alpha essai poche, 2025, 270 p, 9 €

Le docteur Alexis Burnod s’appuie sur sa longue pratique de médecin en soins palliatifs à l’Unité Mobile de l’Institut Curie à Paris pour exposer le défi éthique que pose aux soignants l’accompagnement de fin de vie.

A l’appui de nombreux exemples, il témoigne de l’ambivalence humaine. Gravement malade, on désire vivre et mourir ou plutôt vivre mais pas dans cet état de vulnérabilité et de souffrance. On peut changer d’avis d’un jour à l’autre.

Chaque situation est singulière. Les malades ont besoin d’explications et de paroles authentiques comme d’ailleurs leurs proches qui, souvent, supportent mal la dégradation du corps, s’impatientent, se révoltent, sont perdus.

Les soignants doivent exercer pleinement leur rôle d’écoutant : qui souffre, qui a besoin d’être soulagé ? Ils ont un rôle à jouer non seulement pour le présent des malades mais pour le futur de leurs proches. Si ceux-ci sont bien accompagnés, s’ils parviennent à trouver leur place dans le processus si particulier de la fin de vie, ils auront les ressources nécessaires pour se reconstruire dans l’après, sans la personne aimée à leur côté.

L’intérêt majeur de cet essai, c’est de nous rappeler l’importance de l’écoute et du dialogue pour créer les conditions d’une séparation vécue au mieux entre chaque personne en fin de vie et son entourage. Pour ce faire, il faut absolument développer les soins palliatifs et former les soignants à l’accompagnement de fin de vie.

Rédigeant son essai en 2024, et redoutant une loi autorisant l’aide active à mourir, Alexis Burnod s’est autorisé un épilogue en forme de dystopie sur une flambée euthanasique en France en 2034. Une telle simplification va à l’encontre du ton nuancé de ses propos. Dommage !