Soudain est un long métrage de plus de 3h primé à Cannes en mai 2026. Cette fiction hétéroclite, justement encensée par la critique, décrit la construction d’un lien profond entre deux femmes engagées dans la défense de la dignité jusqu’au bout de la vie.
L’une, Marie-Lou, française ayant vécu au Japon, est directrice d’Ehpad à Paris. Elle engage l’établissement dans la pratique de l’humanitude, philosophie de soins inventée il y a quarante ans par deux Francais, Yves Gineste et Rosette Marescotti, avec ces quatre piliers : le regard, la parole, le toucher, la verticalité.
Elle fait former le personnel, parfois récalcitrant.
Elle se heurte aux administrateurs qui ont les yeux rivés sur le résultat financier.
Et …elle constate les bienfaits sur les résident·e·s et les équipes.
L’autre, Mari, metteuse en scène japonaise, atteinte d’un cancer en stade avancé, se bat pour ne pas être juste une malade.
Leur première rencontre par hasard dans un jardin public autour d’un ado autiste, se poursuit au théâtre (dans un face à face magnifique). Elle est suivie d’une première nuit d’échanges profonds, prémice de plusieurs autres huis-clos.
La durée du film ne doit pas rebuter le spectateur. Il est constitutif du propos :
1/ Etre attentif à la personne malade, c’est prendre son temps et s’adapter aux rythmes de l’autre. Les soins et les ateliers corporels plein de tendresse proposés aux résident·e·s de l’Ehpad en sont, entre autres, une belle illustration.
2/ Il faut de la persévérance pour changer son regard et modifier ses pratiques.
Pour en savoir plus : écouter ici Annie de Vivi, à l’initiative du label Humanitude et formatrice à cette philosophie pratique du care qui gagnerait à être enseignée aux soignant·e·s mais aussi aux aidant·e·s.