Ah ! que l’on aimerait mourir en paix comme Shizuhu, cette trentenaire japonaise. Atteinte d’un cancer, elle part finir ses jours sur l’ile aux citrons dans une maison d’accompagnement de fin de vie tenue par une formidable femme prénommée Madonna.
A la maison du Lion, Shizuku vit en vérité. Elle ôte sa perruque, invite la chienne Rokka jusque dans son lit pour la réchauffer, écoute chaque matin de la musique, tombe amoureuse, contemple les paysages, participe aux rituels goûters du dimanche avec, par tirage au sort, le gâteau préféré d’un résident.
Alors même que les douleurs se font plus intenses, la houle qui agitait son cœur s’atténue. Plus elle approche de la mort, plus elle goûte la moindre chose et plus elle sent la présence de ses parents. Elle reçoit la visite de son père adoptif qu’elle n’avait pas vu depuis cinq ans, rencontre sa demi-sœur. Elle voit en songe sa mère, perdue accidentellement quand elle avait trois ans.
Et de confier au lecteur sa gratitude envers la vie : « J’ai connu le sucré et l’amer de la vie. Et à présent, en regardant mon passé, je réalise combien mon existence a été riche et savoureuse. C’est le moment idéal pour partir ! »
Contemplation, réconciliation, et gratitude : un programme du bien mourir (évoqué avec délicatesse), qu’on souhaite à chaque humain.