Suite à son court métrage du même nom, Erri de Luca nous offre une balade poétique et aléatoire dans le champ de sa vieillesse à lui, à déguster lentement, y compris les intermèdes délicats d’Inès de la Fressange qui répond à son ami. Chacun·e y trouvera une pépite.
Pour l’écrivain italien née en 1950, la vieillesse « volontaire », celle qu’on accueille comme une nouveauté, est une expérience individuelle unique, une ascension et non « une descente d’une démission à l’autre ».
Vieillir est un changement d’allure car après le galop de la jeunesse, le trot de l’âge adulte, on avance au pas.
Vieillir est une chance. Le grand âge permet l’étonnement et l’émerveillement pour les petites choses que l’on voit avec une meilleure précision ; l’improvisation ; la remontée de souvenirs qui offre une deuxième vie au passé ; la liberté de dire non ; l’allégement de biens et de relations.
Vieillir est une exigence. Il nous faut entretenir notre corps – pour lui, marche et escalade – et notre esprit – pour lui, écriture et mots croisés.
Vieillir est une responsabilité. Il faut cultiver ce qui nous élève et rester présent au monde – pour lui, le soutien aux migrants – car « si on peut, on doit ».