Alors c’est bien
Clémentine MELOIS
Gallimard (L’Arbalète), 2024, 202 p, 19,50 €

Bernard Mélois est sculpteur. Il a consacré son existence à souder des figures spectaculaires dans le capharnaüm de son atelier en chantant Petite Fleur. Alors qu’il vit ses derniers jours, ses filles reviennent dans leur maison d’enfance. En compagnie de leur mère, des amis, des voisins, elles vont l’accompagner jusqu’à la mort et faire des adieux, une fête.

C’est Clémentine, une des trois sœurs, qui raconte avec une débordante tendresse : le couple fusionnel que forment ses parents, la complicité avec son père depuis son enfance jusqu’à ses derniers instants avec, par exemple, le rangement de l’atelier pour qu’il puisse y séjourner en fauteuil roulant, les choix solidaires pour l’organisation des funérailles (peinture bleue pour le cercueil, musiques, objets, la cérémonie).

Les chapitres sont courts et artistiquement désordonnés. La chronique à la première personne est entrecoupée de courts dialogues avec son père en fin de vie puis, à sa mort, d’extraits de ses cahiers.

On sort de la lecture ému, admiratif et envieux : saura-t-on préparer sereinement et allégrement notre départ avec nos proches, nous soulageant ainsi les uns les autres de la peine de la séparation et de la perte.

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